jeudi 30 septembre 2010

Le Passé Mortel de Dirck Degraeve se dévoile - extrait 2

Bonjour à toutes et tous,

Voici enfin venir jeudi et la suite du premier chapitre de Passé mortel !

Nous vous la dévoilons sans attendre.

Bonne lecture,

Riffle Noir.


Rappel : Dirck Degraeve sera présent à Auchan Longuensesse le samedi 2 octobre pour une séance de dédicaces de 14h30 à 18h. Il sera également présent au salon du livre de Nieppe, le dimanche 3 octobre, de 10h à 18h.



Chapitre I - seconde partie.



La pluie ne s’arrêtait pas. Ça durerait toute la nuit. Rivière revint avec un thermos sorti d’on ne sait où et lui versa un café noir dans un gobelet. Ils ne parlaient plus. L’équipe de Stalloni, vêtue de combinaisons et les mains gantées, explorait chaque cm2 de terrain, prélevant des échantillons, ramassant des mégots trempés. Sous la lumière artificielle on aurait dit des êtres venus d’un autre monde, celui de la nuit. Des explorateurs de violence et de mort. On avait emporté la dépouille vers l’institut médico-légal. Gantois vint prendre congé.
– L’autopsie aura lieu dès demain après l’identification. Vous aurez mon rapport le plus vite possible.
– Rivière y sera, intervint péremptoirement Jacobsen qui évitait ce genre de cérémonie. J’ai peur que ça ne donne pas grand chose.
– Le viol est improbable si c’est ce que vous voulez dire, confirma Gantois. Je ferai tout ce que je peux, croyez-le bien. Je vous plains. Ça va chauffer dans les jours qui viennent. Les loups vont hurler, les journalistes, les politiques. Vous serez sur la brèche. À tantôt.
Jacobsen ne répondit rien. Le jardin public ressemblait à un décor de théâtre sur lequel se mouvaient des acteurs muets. Il faudrait lancer un appel à témoins, sans trop en espérer. Quant à l’enquête de voisinage, en plein milieu du jardin public, le soir... Avant de quitter les lieux, il se fit amener, par acquit de conscience, René, un SDF inoffensif, connu de tous les services sociaux.
– Tu accompagnes Rivière au poste pour le PV, lui asséna-t-il. Alors raconte...
– Y a rien à dire que j’ai pas dit, m’sieur l’inspecteur, bégaya-t-il. Je passais par là comme tous les soirs ou presque. J’avais bu un coup chez Emile, un pote à moi, et j’ai coupé par le parc. À vrai dire, je voulais pioncer dans le passage souterrain, sur le boulevard Foch où j’ai mes habitudes. J’ai aperçu la petite, allongée par terre, j’ai cru qu’elle était malade ou qu’elle s’était droguée, les jeunes, vous savez... Je me suis penché sur elle, j’ai vu qu’elle bougeait pas. J’ai essayé de la retourner, j’ai compris tout de suite. J’ai galopé vers la sortie, la grille était pas fermée, ça arrive souvent. De toute façon, on entre et on sort comme on veut. Une voiture de la municipale venait de contrôler un scooter, un gamin, je les ai appelés.
– Bon, eh bien tu raconteras ça avec tous les détails au poste. Il se tourna vers le brigadier Moreau et lui demanda s’il connaissait le repaire sous le boulevard.
– Sûr, mon commandant. Dès la nuit tombée, ça grouille de jeunes qui veulent fumer ou se piquer discrètement, de SDF, parfois un couple, mais c’est plus rare. Faut pas exiger l’intimité.
– Jetez-y un coup d’œil. Prenez quelques agents, vérifiez les identités s’il y a quelqu’un et fouillez. On ne sait jamais.
Moreau s’éloigna promptement, signe qu’il avait saisi l’importance de l’enquête. Jacobsen prit congé de Stalloni. Là aussi on lui promit des résultats le plus rapidement possible mais ils seraient décevants. La terre meuble ne présentait pas de traces exploitables. L’assassin était resté sur le gazon au moment d’agir, à la limite de la zone bêchée. Ça prouvait peut-être la préméditation à moins qu’il ne s’agisse tout bêtement d’un hasard. Partout ailleurs les marcheurs avaient laissé des sillons profonds dans l’herbe. Le sentier était couvert de gravillons à cet endroit. Le tueur s’était planqué derrière le cèdre ou alors elle le connaissait. Il n’y avait pas trace de lutte. Une fois rentré chez lui, il rassembla ses idées. Peu de choses à vrai dire. Il se sentait las, découragé. Le corps de la gamine dansait devant ses yeux fatigués. Il arrêtait chaque année un ou deux assassins. Des affaires simples pour la plupart. Il sentait monter en lui une angoisse sourde devant ce meurtre gratuit en apparence. Il faudrait fouiller cette vie, remuer le passé, cuisiner la famille, ramener à la lumière du jour ce que ces gens cachaient, se cachaient à eux-mêmes peut-être. Et surtout la gamine lui rappelait des souvenirs personnels dont il lui faudrait se méfier, qu’il faudrait refouler encore et encore. Ça n’en finirait jamais.

Fin du chapitre I


Pour en savoir plus sur Dirck Degraeve et son univers
rendez-vous à la rubrique Auteurs... 

Une entrevue est également à lire sur le site d'actualités maville.com concernant Saint-Omer et sa région.

(entrevue réalisée par Jennifer-Laure Djian - la Voix du Nord)  

mercredi 29 septembre 2010

Septembre n'a pas dit son dernier mot! Dédicace...

Bonjour à toutes et tous,

Pour bien finir le mois de septembre, Richard Albisser est aujourd'hui au Furet du Nord de Roubaix,

Il y dédicacera Eclipse d'une nuit d'hiver, son nouveau polar. Il présentera, également, l'ensemble de la gamme Riffle Noir.

Furet du Nord
Grand Rue
59100 Roubaix
tél: 03 20 75 63 50

Au plaisir de vous y retrouver,

Riffle Noir.

mardi 28 septembre 2010

Le Passé Mortel de Dirck Degraeve se dévoile – extraits!

Bonjour à toutes et tous,

Le blog Riffle Noir poursuit sa thématique Dirck Degraeve en vous offrant à lire le chapitre I de Passé mortel. Premier polar de Dirck à Saulmères qui verra se former le duo Jean-Baptiste Jacobsen et Corinne Maresquier.

Ce chapitre vous est dévoilé en deux parties: la première, aujourd'hui, et la seconde, jeudi.


Bonne visite de Saulmères!

Riffle Noir.


Post-scriptum : Dirck Degraeve sera présent à Auchan Longuensesse le samedi 2 octobre pour une séance de dédicaces de 14h30 à 18h. Il sera également présent au salon du livre de Nieppe, le dimanche 3 octobre, de 10h à 18h.


Chapitre I - 1ère partie



Déjà le réveil. Il avait l’impression de n’avoir dormi que quelques minutes. Merde, le téléphone. Il tendit la main en maugréant, renversant un verre qui tomba sur la moquette avec un bruit sourd.
– Allô, commandant ? C’est Rivière. Un cadavre dans le jardin public. La police municipale a été appelée sur les lieux par un ivrogne qui passait par là. Ils nous ont aussitôt contactés. Une gamine, une sale affaire... Assassinée, sans aucun doute. Enfin, avec la municipale, on ne sait jamais. On est sur place. À tout de suite.
Il avait raccroché sans lui laisser le temps de répondre. Sa voix trahissait l’excitation, l’angoisse aussi. Un meurtre à Saulmères. La chose n’était pas exceptionnelle en soi. Ça arrivait une ou deux fois l’an, mais une gamine, un soir de novembre... Ça sentait mauvais. Une affaire de mœurs. Sa chemise était fripée. Il devait en changer le matin même. Personne n’y prêterait attention. Il dévala les étages sans prendre l’ascenseur, la bouche pâteuse, avec un début de migraine. Sa vieille Xantia démarra au quart de tour pour une fois, en crachant néanmoins un nuage de fumée noire. Une heure du matin. La ville était déserte. Il pleuvait, une pluie lente d’automne qui n’arrangerait rien. L’IJ se plaindrait, comme d’habitude. “Avec un temps pareil, commandant, allez trouver des indices !” Bah voyons. Il gara sa voiture à proximité de la grille largement ouverte. Il y en avait d’autres, gyrophares allumés projetant des lueurs bleues sur l’asphalte. “Commandant Jacobsen”, déclara-t-il à deux agents qui s’avançaient vers lui. La scène était éclairée d’une lumière crue par des projecteurs. On avait déjà délimité un périmètre de sécurité. Des silhouettes s’affairaient pour tendre une bâche noire au-dessus de ce qui devait être le corps. Il souleva un cordon de plastique de couleur jaune pour s’approcher. Le photographe venait de faire ses clichés. Elle était allongée face contre terre, vêtue d’un jogging vert délavé et de baskets blanches. Le capuchon dissimulait ses cheveux. Le légiste se livrait aux premières constatations. Jacobsen le connaissait bien. Depuis le temps. Le docteur Gantois se releva après un rapide examen et se tourna vers lui et Rivière qui l’avait rejoint.
– Elle a été étranglée, c’est évident. Probablement avant 22 heures. Disons entre 20 et 21 heures à vue de nez d’après la température du corps et la rigidité. Mais avec ce temps pourri, pas facile avant l’autopsie. Comment ? Probablement à l’aide d’une cordelette, d’une lanière de cuir, une ceinture très fine par exemple. A priori pas de viol. Le corps n’a même pas été dévêtu. Un élément bizarre néanmoins, venez voir.
Ils s’avancèrent avec précaution mais le sol était détrempé. Il n’y aurait pas d’empreintes. Gantois avait tiré le capuchon. Elle avait de longs cheveux blonds qui brillaient à la lumière et se couvraient de gouttelettes de pluie. Un côté de la tête était presque chauve comme si on l’avait maladroitement tondue à grands coups de ciseaux. Il ne restait qu’une espèce de duvet tendre et délicat à la fois qu’on avait envie de caresser.
– Un fétichiste, nom de Dieu, s’exclama Rivière. Ça alors, commandant, c’est du jamais vu à Saulmères !
Jacobsen entrevit le visage fermé sur la mort. Il se détourna. Il n’aimait pas les cadavres, l’empathie qu’ils suscitaient, le dégoût et la peur aussi. Les techniciens s’affairaient dans la boue d’un massif orné d’annuelles au printemps tandis qu’il continuait à recueillir des informations. Elle reposait devant un gigantesque cèdre. S’il y avait eu agression sexuelle, elle avait dû se dérouler derrière les arbres à l’abri d’éventuels regards quoiqu’en automne, à cette heure tardive... Il saurait bientôt si le corps avait été traîné ou déplacé. Jacobsen était intrigué par cette scène qui ne cadrait pas avec l’hypothèse d’un crime sexuel. On ne tue pas uniquement pour des cheveux, songeait-il. Elle avait sûrement été exécutée sur place. Le substitut venait d’arriver sur les lieux, tout ébouriffé, l’air hagard d’un hibou voletant hors d’une grange. Il lui serra la main en dodelinant de la tête.
– Résumez-moi les faits, Jacobsen, rien que les faits voulez-vous ? Pour un cartésien de mon espèce seuls les faits importent.
– Vous allez être servi, monsieur le substitut. Le corps a été découvert, enfin vu parce qu’on n’avait pas cherché à le dissimuler, par un ivrogne qui a arrêté une patrouille de la police municipale. Elle a certainement été étranglée avant 22 heures au cours d’un jogging, du moins c’est ce que laisse supposer sa tenue. Pas trace de viol, elle n’a pas été déshabillée. Elle gisait devant le tronc d’un énorme cèdre, sur la terre bêchée d’un massif, comme si on avait voulu l’exhiber. À moins que dans sa hâte l’assassin n’ait eu peur d’être surpris mais j’en suis déjà au chapitre des hypothèses... Rien sur elle, ni papiers ni portable. Mais d’après les premières constatations, on a trouvé son nom cousu sur le col de son vêtement, Elodie Dehaye. Ça devrait faciliter les recherches. En tout cas, les parents n’ont pas signalé sa disparition. À vue de nez, elle a entre seize et dix-huit ans. Ah oui, j’oubliais, on lui a rasé la moitié du crâne et on a emporté les cheveux.
– Dès demain, vous vous mettez sur l’enquête, Jacobsen. Je verrai le commissaire Lechantre. Vous me tenez au courant; on aura la presse sur le dos, vous voyez ce que je veux dire. Avec une histoire pareille, tout est possible. Le viol semble exclu. Un maniaque, un obsédé ? Les pervers ne courent pas les rues à Saulmères mais on en trouve partout. Enfin, faites diligence, mon vieux. Des faits, hein ? Pour résoudre une telle affaire, il nous faut des faits.
à suivre...

lundi 27 septembre 2010

Rendez-vous d’octobre...

Bonjour à toutes et tous,


Le salon de Templemars est terminé et septembre touche aussi à sa fin. Toute fin ayant son début, nous sommes heureux de vous annoncer les dédicaces Riffle Noir en salons du livre et en librairies pour le mois d’octobre !


[Attention: ce mardi 12 octobre: modifications et ajouts de dates]

 

Le samedi 2 octobre
présentation Riffle Noir au centre culturel Leclerc d'Outreau

où Richard Albisser sera présent de 10h à 18h pour présenter l'ensemble de la gamme Riffle Noir

 
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Toujours, le samedi 2 octobre

Dirck Degraeve sera en dédicaces à Auchan Longuensesse de 14h30 à 18h


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Le dimanche 3 octobre

10e édition du salon du livre de Nieppe(59)



Auteurs Riffle Noir annoncés : Dirck Degraeve et Richard Albisser

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Le vendredi 8 octobre

présentation Riffle Noir au centre culturel Leclerc d'Outreau

où Richard Albisser sera présent à partir de 17h pour présenter l'ensemble de la gamme Riffle Noir


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Le samedi 9 octobre

Matinée à la librairie Majuscule de Boulogne, où Richard Albisser dédicacera ses polars de 10 à 12 h


L'après-midi: Retour au centre culturel Leclerc d'Outreau

Richard Albisser revient sur les lieux du crime pour zoomer à nouveau sur les polars Riffle Noir

Ça se passera, cette fois-ci, de 15h à 18h
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Le mercredi 13 octobre

Eric Lefebvre sera en dédicaces au Cultura d'Hénin-Beaumont de 14h30 à 18h30

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Le verndredi 15 octobre

Richard Albisser sera en dédicaces au Cultura d'Hénin-Beaumont de 14h à 19h

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Le samedi 16 et le dimanche 17 octobre

Riffle Noir sera au salon du livre de Blendecques(62)


Auteurs Riffle Noir annoncés : Dirck Degraeve, Michaël Moslonka et Richard Albisser

Richard Albisser : le samedi
Dirck Degraeve: le dimanche

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Le dimanche 17 octobre

Salon « Art d'Automne - made in USA » à Wavrin(59) avec la librairie la Ruche aux Livres

Michaël Moslonka y présentera officiellement son polar: À minuit, les chiens cessent d'aboyer !

Un autre auteur Riffle Noir sera également présent : Eric Lefebvre! Richard Albisser


Pour en savoir plus: http://brunobollengier.fr/11.html

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Le samedi 23 ocotobre

Salon du livre de La Bassée(59)


Auteurs Riffle Noir annoncés: Dirck Degraeve et Richard Albisser


Pour en savoir plus:



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Le samedi 30 ocotobre

Michaël Moslonka et Richard Albisser seront en dédicaces au Cultura de Villeneuve d'Ascq de 14h à 19h



Au plaisir de s'y retrouver,

et à bientôt pour d'autres aventures avec, notemment,...

... des extraits du roman de Dirck Degraeve: Passé mortel !

Riffle Noir.

dimanche 26 septembre 2010

Pendant 12 jours, Riffle Noir s’expose à Outreau!

Bonjour à toutes et tous,

Dès demain et, ce, jusqu’au vendredi 8 octobre, l’espace culturel Leclerc d’Outreau propose une exposition sur l’univers du polar.

C’est dans cette thématique policière que les éditions du Riffle vont exposer leurs livres, leurs auteurs et leurs personnages.

Lieu du crime :

Centre commercial Leclerc
Espace Culturel

Boulevard Industriel de la liane
62230 OUTREAU

Tél. : 03.21.10.28.00

Richard Albisser y présentera l’ensemble de la gamme Riffle Noir :

le samedi 2 octobre de 10h à 18h

le vendredi 8 octobre à partir de 17h 

le samedi 9 octobre de 15h à 18h.

Un autre rendez-vous reste encore à déterminer…

 
 
 
Au plaisir de vous y renontrer,
 
Riffle Noir.

samedi 25 septembre 2010

Riffle Noir à Templemars!

Bonjour à toutes et tous,

Aujourd'hui, Riffle Noir est au salon du polar de Templemars
avec
en dédicaces:

 
Dirck Degraeve
pour


Marais noir

Passé mortel











 Éric Lefebvre
pour

Requiem pour un toubib

Sortie Lens-Est









Richard Albisser
pour

Éclipse d'une nuit d'hiver
(Nouveauté!)

Fou contre tour

 





Le salon se déroule:

Salle H. Desbonnet
Rue Jules Guesde
de 10h à 19h



 Si vous souhaitez en savoir plus sur le salon en lui-même: visitez le site K-libre...


Au plaisir de vous y rencontrer!

 

Riffle Noir.

jeudi 23 septembre 2010

Salon : un samedi de septembre au coeur des polars

Bonjour à toutes et tous,

Ce samedi 25 septembre, les éditions du Riffle seront au salon du polar de Templemars (59)

Le salon se passera:

Salle H. Desbonnet
Rue Jules Guesde
de 10h à 19h


Les auteurs Riffle Noir en dédicaces :

Dirck Degraeve pour:
Marais noir
Passé mortel

Eric Lefebvre pour:
Requiem pour un toubib
Sortie Lens-Est

Richard Albisser pour:
Eclipse d'une nuit d'hiver (Nouveauté!)
Fou contre tour


Si vous souhaitez en savoir plus sur le salon en lui-même: visitez le site K-libre...


Bon salon!

Riffle Noir

mercredi 22 septembre 2010

Qui est Dirck Degraeve ?

Bonjour à toutes et tous,

Nous continuons sur notre lancée et allons, aujourd’hui, vous présenter Dirck Degraeve.

Bonne rencontre !

Riffle Noir.

Identité :

NOM : Degraeve
PRÉNOM : Dirck
ÂGE : 55 ans


Passé :

Dirck Degraeve entre dans la fiction en 2005 avec Ces Êtres Chers (éd. Thélès) après une thèse de doctorat sur Roger Martin du Gard ainsi qu’un essai sur Jules Romains (éd. Droz). Il récidive un an après chez les éditions du Riffle avec Mots de passe (collection Riffle blanc) où il publiera quatre autres ouvrages dans les trois collections.

Information complémentaire : son polar Passé mortel a obtenu le prix du Lions Club en 2009.


Intérêts, style et références littéraires :

Auteur de deux polars dans la collection Riffle Noir, Dirck explore au fil de ses histoires la résurgence du passé, la corruption et les perversions de l’âme humaine.

Son style est imagé, rigoureux, précis, concret mais non exempt d’une certaine poésie.

Ses références en littérature policière vont des auteurs anglo-saxons (Phyllis Dorothy James, Peter Robinson, Ian Rankin, Michael Connely) aux nordiques comme Henning Mankell.


Délits bibliographiques :

Aux Éditions du Riffle :

Dans la collection Riffle noir
Passé mortel (2007)
Marais noir (2009)

Dans la collection Riffle blanc
Mots de passe (2006)
Deux mois en été (2009)

Dans la collection Riffle nord
Farandole (2010)

Farandole est une compilation de nouvelles parues au Riffle en 2007 sous les titres La Solitude d’une femme et Quand le miroir se brise.

Chez d’autres éditeurs :

Ces êtres chers (2005) aux Éditions Thélès
La part du Mal : Essai sur l'imaginaire de Jules Romains dans Les hommes de bonne volonté (2003) aux éditions Droz

lundi 20 septembre 2010

Marais Noir, de Dirck Degraeve

Bonjour à toutes et tous,

Aujourd’hui et les jours qui vont suivre, Riffle Noir met un coup de projecteur dans la nuit sur un autre auteur de sa collection et sur son univers littéraire : Dirck Degraeve.

Et pour commencer, intéressons-nous à son deuxième polar : Marais Noir.


Bonne lecture,

Riffle Noir.


Résumé ou quand l’argent, le pouvoir et la violence s’arrangent de la loi…


Lieu : Saulmères – Nord de la France.
Date : avril 2007, en pleine campagne des Présidentielles.

Une jeune enseignante est retrouvée égorgée dans sa baignoire. Sa mort semble liée au contexte politique et à une sombre affaire de blanchiment d’argent provenant d’un trafic de drogue qui se développe dans la région.
Dans le même temps, des enfants sont assassinés dans les marais par un implacable prédateur. Le commandant Jacobsen et Corinne Maresquier mènent une enquête éprouvante où ils affronteront les instincts les plus pervers enfouis dans l’âme humaine.

Mais que peuvent-ils faire lorsque l’argent, le pouvoir et la violence défient et contournent la loi ?


Décor ou une ville imaginaire dans la réalité


Saulmères est une ville à la fois fictive et réelle située entre la Flandre et l’Artois. Il s'agit d'un double de Saint-Omer. Cité bourgeoise, paisible, à l'histoire prestigieuse, elle va se réveiller d'un long sommeil pour entrer brutalement dans l'ère de la criminalité moderne et de ses pires dérives.

Saulmères a déjà été mise à l’épreuve dans le premier polar de Dirck Degraeve, Passé Mortel, où, en novembre 2006, le passé trouble de l’Occupation a ressurgi pour solder ses comptes.



Les personnages ou un homme et une femme

Le commandant Jacobsen : Flic atypique, il a choisi la police par défaut alors que ses goûts le portent vers la musique ( il est violoncelliste ) et la littérature.

Le capitaine Corinne Maresquier : sa vie est une succession d'échecs sentimentaux dus à sa rupture précoce avec son milieu d'origine bourgeois. Elle a tendance à coucher avec n’importe qui par mépris d’elle-même et de son corps. Mais, en secret, Corinne Maresquier attend le grand amour.

Hanté par un lourd secret, Jacobsen mène une carrière médiocre Sa rencontre avec Corinne Maresquier va le changer sans qu’il ne comprenne l’influence de cette femme-flic aux rêves très fleur bleue. À ses côtés, Jacobsen se révélera un flic pugnace et intuitif, que l'action parfois risquée n'effrayera pas.

samedi 18 septembre 2010

Dédicace d'un samedi de Septembre...

Originaire de l’Audomarois, Richard Albisser revient sur les traces de son passé pour y présenter Éclipse d’une nuit d’hiver



Ça se passe aujourd'hui

de 14h30 à 18h

à la librairie MAJUSCULE de Saint-Omer

45 Rue de Dunkerque

tél. : 03 21 88 98 76



Richard Albisser animera également l’après-midi avec toute la gamme Riffle Noir et Riffle Nord.

L’occasion d’aller plus en avant au cœur de ces deux collections des éditions du Riffle.


Bonnes rencontres à toutes et tous,

Riffle Noir.

mercredi 15 septembre 2010

L’Éclipse d’une nuit d’hiver sort enfin de l’ombre !

En ce mercredi 15 septembre 2010, Richard Albisser nous offre avec Éclipse d’une nuit d’hiver la seconde aventure policière du couple Drassir/Jasmina.



 Résumé ou deux ans après Fou contre tour


Roubaix, février 2008…


Chez les Drassir, un nouvel équilibre règne. Jasmina, auteur d’un premier roman, a négocié un temps partiel et se consacre à l’écriture. Drassir a été promu capitaine et a pris les rênes au commissariat de Hem. Le couple a lancé une procédure d’adoption et vit sur un petit nuage malgré les lenteurs et les difficultés administratives.

Un soir, Jasmina reçoit la visite étrange d’André Mendus, le directeur d’une société d’informatique. André a été mêlé à l’affaire Colocase (voir Fou contre tour). S’étant inspirée de faits réels pour rédiger son premier roman, Jasmina a rencontré André à cette occasion. C’est à ses heures perdues un joueur acharné de tarots. Une série de coïncidences lui paraissent pouvoir susciter le début d’une histoire qui sortirait de l’ordinaire. Il s’ouvre en ces termes auprès de Jasmina dont l’intérêt est assez froid.

Dix jours plus tard, au commissariat de Roubaix, Valérie Valet porte plainte auprès du commandant Steenmann pour assassinat sur la personne de son mari, Bruno Valet, chef de rayon dans un hypermarché. La version officielle considère qu’il est mort suite à un accident de travail. Le même jour, Jasmina se fait agresser lors de ce qui pourrait paraître une « banale incivilité routière ». Elle est transportée d’urgence à l’hôpital Provo...


Aparté ou les personnages d’une nuit d’hiver

Boutros Drassir, lieutenant puis capitaine.       
Fils d’un Harki qui a débarqué en France en 1962.
Signes particuliers : joueur d’échecs.

Jasmina, sa femme.           
D’origine tunisienne. Employée de mairie.
Signes particuliers : rêveuse, sensible, passionnée par la langue et la littérature françaises.

Jean Rokovski,brigadier puis lieutenant.
Fils d’émigrés polonais. Marié, quatre enfants.
Signes particuliers : incollable sur tout ce qui touche à la Pologne.

Gilbert Steenmann, capitaine puis commandant.        
Rattaché au commissariat de Roubaix, divorcé, une fille qui vit à Miami.            
Petit-fils de commerçants ruinés après 36, mère juive.
Signes particuliers : amateur d’Art.

André Mendus, directeur d'une boîte d'informatique.
Fondateur et gérant de la SARL Info 999.
A connu une année exceptionnelle avec le bug de l’an 2000 puis des années noires entre 2002 et 2006.


Noir sommeil…

Le scénario s’articule autour de Jasmina endormie. Le corps médical déclare avoir plongé la jeune femme dans un coma artificiel suite à une opération principalement esthétique. Cette décision a pour cause le fait que Jasmina est psychologiquement fragile : son dossier mentionne une tentative de suicide en 2006. Toutefois, la situation dure et rend Drassir particulièrement nerveux car Jasmina n’a eu que le temps de griffonner un mot « ai été agressée ». Il souhaiterait bien sûr en savoir davantage. D’autant que lui-même s’est retrouvé lié à une altercation avec un individu dont le militantisme dans un groupuscule d’extrême droite est signalé dans le fichier des RG. Drassir récupère entre temps dans le sac de Jasmina une coupure de presse qui relate l’accident de Bruno Valet. Or, il ignore tout de la plainte de Valérie Valet et de l’enquête en cours menée par Steenmann qui disparaît soudainement de la circulation…



Fou contre Tour et Éclipse d’une nuit d’hiver seront présentés le 25 septembre prochain au salon du livre de Templemars…


Au plaisir de vous rencontrer durant cette nuit d'hiver!

Riffle Noir.

mardi 14 septembre 2010

Fou contre tour ? Troisième extrait !


En attendant de retrouver Drassir et Jasmina (sans oublier Rokovski, Steenmann and co), voici le troisième et dernier extrait de Fou contre tour !

Bonne lecture à toutes et tous!

Riffle Noir

Extrait 3


Jasmina s’était levée de bonne heure. Plus vraiment de franches insomnies mais des réveils tôt, sur le coup de 5h00. Elle s’éclipsa, nue, hors du lit, sans faire de bruit. Elle dormait toujours nue et glissait une robe de chambre molletonnée dès qu’elle avait atteint la salle de bains. L’homme avec lequel elle partageait sa couche expectorait des petits ronflements, plus doux, ça le faisait à chaque fois qu’il diminuait sérieusement sa consommation de vin. Il était rentré tard du club, hier soir. Elle avait regardé un navet sur la Une, elle qui autrefois aimait tant la lecture, c’est bien simple, elle était toujours dans les livres. Au collège, elle avait lu tome après tome, un peu comme l’Autodidacte de Sartre, la collection complète des Rougon-Macquart, dans l’ordre de la parution d’époque. Une publicité sur papier glacé vantait les mérites de cette sélection destinée aux bibliophiles ! Quelques extraits, la bibliographie de Zola, un visuel doré de la couverture mouchetée de quelques motifs noirs, des facilités de paiement, de quoi convaincre les parents pas franchement dans l’aisance mais prêts à tout pour l’éducation de leur fille, l’envoi mensuel d’un lot de deux livres parmi la quarantaine de volumes et voilà après deux ans l’histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire dans leur totalité depuis la Conquête de Plassans jusqu’à La Débâcle de 70.
Mais aujourd’hui, elle n’avait plus de goût à rien. La journée, elle se languissait, en arrêt maladie depuis six mois, le soir, elle avait sa séance de luminothérapie. Drassir rentrait, elle était absente, elle revenait, il s’était envolé, son satané club d’échecs, ses tournois à n’en plus finir qui l’occupaient également tous les week-ends l’abandonnant seule à seule avec sa maladie, ses tranxènes, ses atarax. Une rage l’envahissait, des flots de larmes sèches la gonflaient sans trouver à s’épancher ! Elle aurait eu envie de tout casser et par-dessus tout cette horrible collection de papillons qu’il avait soigneusement épinglés, étiquetés et encadrés jusqu’à former une ribambelle de lépidoptères flanqués au mur de son bureau sans la rédemption d’un coup d’aile ivre. Ces tableaux soi-disant chatoyants qu’il pouvait admirer pendant des heures enfermé dans la pièce prévue pour être à l’origine la chambre de leur enfant. Jasmina se massait alors le ventre en signe de conjuration, ce ventre stérile qui n’avait rien donné comme un arbre sec. Elle le massait de plus en plus violemment jusqu’à s’en faire mal, jusqu'à le frapper ensuite du poing, les sanglots enfin libérés mais la tête lui battait tellement qu’elle se serait cognée contre une brique à se défoncer le crâne. Sa dépression avait commencé au bureau lentement, un bureau de mairie où elle assistait les services techniques de la ville. Une nouvelle embauchée plus raciste qui s’en cachait peu auprès d’elle répétait sans cesse des phrases allusives sur la natalité galopante des minorités, aux visées invasives, au sujet du ventre des femmes comme prescrit dans le Livre pour la prise du pouvoir… Toute cette diarrhée verbale l’avait mise K.O. Elle pleurait en douce aux toilettes. Puis, la maladie s’était insidieusement installée, goutte-à-goutte, jusqu’à consulter le docteur Roman qui commença par prescrire des médecines douces d’abord pour assurer les nuits, ensuite pour déstresser le jour, puis des drogues de plus en plus assommantes jusqu’à cette grave crise il y a six mois, une tentative de suicide, un appel au secours désespéré, le recours à la mort comme ultime délivrance. L’homme qu’elle avait aimé autrefois, à se tuer pour lui, avait moyennement compris, endurci par les épreuves de la vie et par les affres de son métier.
Lorsqu’elle se levait comme ça, elle restait longuement en bas dans le salon, à regarder par la vitre de la bibliothèque quelques Pléiade, des cadeaux qu’elle s’était octroyés. Elle regardait la tranche striée de fines lignes dorées à l’or fin 23 carats, des ouvrages reliés en pleine peau ! Elle se posait maintenant la question de savoir ce qui l’avait tellement attirée dans le français. Cette langue riche qui n’était pas celle de son sang mais qu’elle respectait pour être née en France et pour aimer ce pays comme n’importe quel autre Français. Cette motivation des parents maintenant en allés qui avaient compris le sens que portait l’école de la République et s’étaient fait un point d’honneur d’estomper les racines sans les nier et ne parler à leur fille qu’en français. Ils lui avaient inculqué l’arabe dans l’esprit d’un enrichissement non d’un symbole ou d’une transmission obligée. Mais à quoi rimait tout ça ? Elle écrirait. Elle dirait au monde toute sa souffrance, à la France toute sa bêtise et son inculture actuelle. Et puis, non, une Arabe ne pouvait pas écrire encore moins être publiée, surtout avec le style un peu trop précieux, un tantinet désuet, qu’elle se reconnaissait pour avoir essayé quelquefois. Un langage de banlieue relâché, exotique, cela aurait pu peut-être passer. Au reste, sa souffrance, on s’en foutait ! Ou alors elle peindrait... Elle, peindre ? Elle n’a jamais su tenir un crayon de dessin. Alors, un pinceau, pensez donc ! Sans doute n’avait-elle plus grand-chose à faire au monde, son âme malade ne savait plus dicter au corps les ordres nécessaires pour occuper une place utile. Une place utile… C’était ça le problème, son travail de fonctionnaire l’ennuyait, sa stérilité la minait, son couple battait de l’aile… Ses parents l’avaient laissée, seule, fille unique, et reposaient au carré musulman. Un frisson la parcourut de pied en cap : Allah [la] regardait, froid comme un dieu de marbre.
Elle se fit un thé citron. L’eau frémissante directement dans le micro-ondes, orpheline de samovar, c’était bien une invention de l’Occident : peu de respect pour l’eau. Qu’elle leur vienne à manquer, tiens, et ils verront. Mais sa force à maudire comme le reste de son être étaient tellement diminués par les prises de médicaments. Penser la fatiguait plus que tout. Elle finit par se rendormir sur le canapé du salon.

lundi 13 septembre 2010

Fou contre tour ? Second extrait !

Bonjour à toutes et tous,

J-2 avant la sortie d'officielle d’Éclipse d’une nuit d’hiver !
Pour vous faire patienter jusque ce mercredi 15 septembre, comme promis, voici le second extrait de Fou contre tour !

Extrait 2



 – Y a le patron qui râle ! Brichot interrompit la rêverie de Drassir qui avait suspendu pour quelque temps l’usage de ses mains au-dessus de son clavier, l’esprit évadé la durée d’un rapport de police mécanique, sa façon à lui de chasser la réalité ; Lucie Colocase, il n’y pouvait plus rien et il n’avait de cesse que d’effacer l’image de son corps martyrisé. À quoi bon retenir ce type de cliché ? Entre temps, Brichot avait fini par communiquer une sensation d’inquiétude dans tout le bureau en instillant l’idée que le meurtrier n’avait peut-être qu’un seul but : s’en prendre à Drassir voire à Jasmina. Mais alors pourquoi s’être acharné sur cette voyante, pourquoi cette mise en scène macabre ?
– Il veut peut-être déjà une piste. Rokovski libérait un nuage de mauvaise humeur qui devait vagabonder à cet instant dans le ciel de son esprit à l’endroit de son patron ou de ce que les psys appellent classiquement le surmoi. Les premiers interrogatoires rapides de voisinage n’avaient rien donné, le fétichisme sur la victime n’avait suscité qu’un émoi de compassion, après tout ce qu’on voit sur les écrans. Une femme sans histoire, à peine connue, qui recevait sa clientèle régulièrement à un point tel qu’on n’y prêtait plus trop attention. Rien remarqué hier. Non, rien entendu. Pas d’éclats de voix. Des allées et venues comme d’habitude. Installée là depuis trois ans selon le vieux voisin d’en face. Le légiste estimait l’heure de la mort avant confirmation par l’autopsie entre 20h00 et 22h00, l’heure où le bon peuple est devant la télé, les rideaux de la fenêtre toutes voiles baissées. Celle indiquée par l’email était précisément 21h06. L’horloge interne de la machine corroborait les hypothèses du spécialiste. Question empreintes, il était fort à parier que ce serait le flou artistique, enfin tout ça était parti à l’identification. On avait affaire à un fou malin qui n’était pas franchement en état de crise au moment des faits. Assez calme pour accomplir sa mise en scène et prendre des clichés, en tout cas, les expédier à un flic depuis le lieu du crime ! Rien n’affleurait. Pas le début d’un pet de commencement de piste…

Rokovski avait rassemblé ses forces comme sous une coulée d’adrénaline qui mobilise toutes les facultés contre un hypothétique danger.
– La case f7, lança tranquillement Drassir. Ses deux collègues n’en croyaient pas leurs deux oreilles.
– V’là maintenant que le lieutenant délire.
– Il se prend pour Colombo, claqua Brichot sûr de déclencher une risette chez son complice Rokovski, soudain inquiet de l’état de santé mentale de son chef.
– Il y a toujours une case f7. Il faudra simplement lui donner une adresse réelle…, continuait l’autre sans se soucier des billevesées autour de lui.

En attendant, le patron mettait déjà la pression, leur demandait des comptes. L’un d’entre eux était lié à l’affaire par le net, par le chargement de sa boîte mél. Lui en voulait-on personnellement en tant que fils de Brahim Drassir ou en tant que flic lié à l’institution qu’il représentait, à la société qu’il protégeait ?
Steg attendait mordicus une première analyse de la situation.
– Les RG en savent plus qu’ils n’ont voulu nous dire quand on leur a demandé des précisions sur Lucie Colocase. Drassir en était convaincu. Tout à l’heure, il n’aurait pas voulu se pointer chez une inconnue sans s’être rencardé auparavant. Fichée également à la mondaine, plus de famille, un passé chez les Rouges, deux métiers pas banals qui amènent à connaître quelques pontes, ça donnait déjà un peu de contenu. Il fallait toujours savoir où on mettait les pieds. Il rappellerait le capitaine Tarière, c’était un ami. Ils avaient fait ensemble l’école de Police.
– Pas de vagues, lieutenant. Je ne veux pas de politique dans cette affaire, martelait Steg. La cible du mél, c’est vous, ne l’oubliez pas. Attendons les rapports du légiste et les relevés d’empreintes. Le gars a peut-être laissé des traces et avec un peu de chance, il est fiché. Un schizo déjà passé par nos mains. N’allez pas me fouiller la merde pour le plaisir, lieutenant ! Et au fait, bon anniversaire, lieutenant !
– C’était hier, patron.

Un schizo ? Facile. Steg s’accrochait au principe des 20/80. Quelques grandes causes évidentes qu’on recherche en premier lieu et qui expliquent l’essentiel des faits. Drassir haïssait cette loi des grands nombres. Il avait toujours préféré la petite bête, la partie acharnée, l’effet papillon bien qu’il ait su très tôt qu’on ne ficherait jamais en taule une piéride du navet ou une aurore de Provence. Les papillons, sa deuxième passion après le jeu d’échecs. Des ailes plus magnifiques que des diamants. C’était ça qu’il avait vu dans les yeux de Jasmina, ce premier soir de novembre, deux ailes de papillons, de celles qui ne se trouvent pas à Anvers. La vivacité, l’éclat que seul le regard capte car la main n’en sait que saisir la poussière ! Drassir n’avait pourtant pas lu les mémoires de Réaumur qui en naturaliste précis s’était appliqué à dessiner toutes les variations de formes qu’il avait pu rencontrer. Être un grand savant, un scientifique de renom le faisait pourtant rêver plutôt que de se gâter dans un commissariat pourave, à croupir avec des buveurs de pastis ou des siffleurs de vodka, toujours prompts à la moquerie mesquine. Il tenait l’affaire de sa vie ; c’était à lui qu’on la confierait. Il la résoudrait et son nom apparaîtrait dans les journaux. Le père fier de son fils et Jasmina détournée quelque temps de sa dépression de mère niée par la nature.
C’est compris, lieutenant, renchérissait Steg. Laissez tomber les politiques et cherchez du côté des entonnoirs ! Pas de vague, vous avez l’enquête mais je veux un rapport tous les soirs. OK, lieutenant ?
Steg ! ce bon Steg : il jouait soudain au grand ! Drassir en avait déjà les bras coupés… Le patron chercherait à le manipuler avec des ficelles si grosses qu’il en ressentait déjà la pression dans la gorge. Au fond, ce serait toujours lui qui récolterait les honneurs dans les salons de la préfecture. Un galon de plus et une pichenette appréciable sur l’échelon de ses émoluments. D’autant plus appréciable que la pension se calculait sur les six derniers mois.
– Autre chose, lieutenant ?
Steg insistait.
– Rien, répondit Drassir. Mais je propose de fouiner aussi un peu du côté du boulevard du shit.
– Un crime crapuleux ? Perdez pas de temps Drassir. Je veux la liste de tous ceux qui sont passés par la psychiatrie dans un rayon de trente kilomètres et qui ont un rapport même lointain avec Hem, avec la voyance et toutes ces foutaises. Laissez la scientifique nous apporter des indices.
à demain pour le troisième extrait...

Riffle Noir