Le salon du livre 2012 de la ville de La Bassée 2012 fut un bien bel événement pour les éditions du Riffle, ceci pour 3 raisons !
Première raison : Dirck Degraeve
Notre auteur de polar fut le Parrain de ce salon suite au prix littéraire remportée l'année dernière pour son roman La Fileuse d'Ombre (coll. Le Riffle).
Voici le discours qu'il a tenu :
Monsieur le Maire, Madame
l'Adjointe à la Culture, Madame la responsable de la Bibliothèque pour Tous,
Mesdames et Messieurs les bénévoles ayant œuvré avec dévouement pour
l'organisation de cette réunion,
La ville de La Bassée tient en ce
jour son quatrième salon littéraire autour du roman dans tous ses états. Après
mes prédécesseurs lauréats du Prix en 2009 et 2010 (Gilles Warembourg et Didier
Hermand), c'est à moi, lauréat du Prix 2011, qu'échoit le redoutable honneur du
discours préludant à la remise du Prix 2012.
Je me souviens qu'en cette
circonstance Gilles et Didier nous avaient parlé avec subtilité et humour du
livre et des auteurs, de cette occupation étonnante, incongrue et peut-être
bientôt surannée, qui consiste à s'asseoir derrière un bureau pour laisser
vagabonder son imagination, bâtir à grand renfort de mots des histoires, des
contes, des récits ou revisiter la grande, la véritable Histoire (avec un grand
H cette fois-ci) de notre région.
Sans prétendre au moindre
prosélytisme et en toute modestie, me voici sommé d'apporter ma propre réponse
à cette épineuse question : pourquoi écrire ? Pourquoi écrire des romans à
l'époque où l'image a envahi, en se multipliant à l'infini, la quasi-totalité
de l'espace culturel et médiatique ? Séchant lamentablement sur ma copie, je me
suis fié comme tout cancre qui se respecte au hasard et, en l'occurrence, il
m'a pour une fois favorisé. Venant de Saint-Omer, de l'Artois vert des
maraîchers, j'aborde à La Bassée le pays de Weppes, ses zones verdoyantes et
humides parcourues de cours d'eau. Il ressemble parfois comme deux gouttes
d'eau à cet Audomarois qui a été jusqu'à maintenant mon unique source
d'inspiration. Mais en arrivant à La Bassée, pointant la direction d'un autre
Artois, celui des mines désormais fermées, un panneau a attiré mon attention,
celui qui indique la salle Germinal et le nom illustre de Zola a aussitôt surgi
avec la cohorte impressionnante des 20 tomes des Rougon-Macquart, le
bruit et la fureur de l'affaire Dreyfus dans laquelle il a joué un rôle
éminent. Les plaines vouées à l'agriculture, les rideaux d'arbres zébrant le
paysage de l'autre côté ont suscité dans un étonnant contraste le nom d'une
autre figure célèbre qui a aussi chanté notre région, celle de Georges Bernanos,
le grand écrivain catholique et maurassien qui a osé s'insurger contre les
massacres aveugles de la Guerre d'Espagne. Il n'est pas question ici, bien sûr,
de nous comparer à ces géants, mais curieusement leur œuvre se retrouve, se
reflète peu ou prou dans la plupart des romans sélectionnés par les lecteurs de
la Bibliothèque pour Tous avant qu'un vote démocratique n'ait déterminé
l'heureux lauréat du Prix.
Dans Kazu content,
Monique Vermeulin évoque avec émotion et sensibilité la vie quotidienne d'une
famille polonaise émigrée en France, poussée par la misère, attirée chez nous
par l'espoir d'une vie meilleure au prix cependant du labeur inhumain de la
mine. Les scènes de la vie quotidienne défilent, la lessive, l'école primaire,
la maladie inexorable du père, les aventures de Kazu dont la déficience
mentale, sous la plume de Mme Vermeulin, se transforme en grâce et projette un
regard neuf sur la vie. On pense bien sûr à Germinal, à la famille des
Maheu, aux corons, à cette attention empreinte de sympathie que Zola avait déjà
portée aux humbles, à leurs joies et à leurs peines, à leur lutte pour un
avenir plus juste.
Didier Hermand dans Une
seconde chance et Bruno Descamps dans Les mots de nos rêves nous
tournent, eux, vers les souffrances du corps et de l'esprit engendrées par les
maladies, les handicaps, les affres de la mort, les questions que l'on se pose
avant la dernière étape quand la nuit envahit lentement ce qui reste encore du
jour. Des sujets difficiles, traités avec pudeur, discrétion, émotion. Bernanos
a osé affirmer, allant ainsi à l'encontre des idées reçues et des peurs
communes, que la souffrance des hommes est la grande merveille du monde. Pour
le chrétien fervent qu'il a toujours été, c'était là une évidence, celle du
Christ sur la croix, de la communion des saints. Même pour tous ceux que
n'engage aucune foi religieuse, il y a là matière à réflexion. Seul l'homme a
conscience de sa souffrance, de l'inéluctabilité de sa fin, cette souffrance
qui a accompagné Noëlla tout au long de sa vie semée d'épreuves dans Une
seconde chance, cette souffrance qui ronge Paul dans Les mots de nos
rêves avant qu'il ne connaisse la paix et une certaine sérénité grâce
à l'ultime rencontre avec une jeune femme qui le sollicite pour mettre en
forme, raconter sa vie avant qu'elle ne s'efface.
Max Mercier, dans La route
des frères Patison, a choisi d'autres problématiques, un autre décor dans
ce road-movie qui nous entraîne au cœur des Etats-Unis. Il renoue ainsi avec le
cinéma américain et ses grands espaces, avec les westernsde notre enfance, avec
l'aventure dans un décor à couper le souffle. Mais tout voyage est une
découverte, tout voyage nous engage et nous confronte avec nous-mêmes, au plus
profond de nous-mêmes. Quand on écrit, on n'échappe pas à l'homme, à l'humain,
où que nous porte notre plume.
Dire le bonheur et le malheur, la
joie et la peine, la souffrance et la lutte, le déracinement et l'ivresse de
l'espace, faire rire et faire pleurer, voilà donc notre tâche, quels que soient
notre ambition, notre talent.
Avec les mots de tous les jours,
les "mots de la tribu", nous dépassons ce qui nous oppose,
l'indifférence, l'intolérance, la haine. La littérature c'est bien ce qui
réunit, associe et fusionne.
Et c'est pour la célébrer que
nous sommes ici aujourd'hui.
Merci.
Seconde raison:
Bruno Descamps et ses Mots de nos rêves
Après Chroniques Posthumes de Gilles Warembourg en 2009, La Fileuse d'Ombre de Dirck Degraeve en 2011, Bruno Descamps est le 3eme auteur des éditions du Riffle à remporter le prix littéraire de la ville de La Bassée !
Ce dernier récompense son roman
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collection Le Riffle |
Troisième raison : Les Châtiments d'Apophis
Patrice Dauthie et Maryse Cherruel y présentaient et dédicaçaient leur roman policier, les Châtiments d'Apophis, et le verdict ne s'est pas fait attendre avec le commentaire de Jean-Michel reçu dans leur boîte mail, le 23 octobre 2012 soit 3 jours après le salon du livre.
« Bonjour, Je vous ai rencontré ce dernier
samedi au salon du livre de La Bassée, ou nous avons discouru tous les trois
des diverses avanies de notre "Bas" Monde tout en achetant et me
faisanr dédicacer votre ouvrage "A quatre mains", ouvrage que je
viens d'achever, comme aurait dire la Commissaire TELIER,et que j'ai
adoré, sans forfanterie aucune!! Commencé hier matin, terminé ce soir,355 pages
a dévorer sans modération!! Dans cette langue française pourtant si riche,
j'éprouve certaine difficulté a distinguer un superlatif par rapport a un
autre: le style remarquable, la variété des mots, le vocabulaire
"échevelé",le coeur de l'intrigue, les contours sociétaux, économiques,
humains, politiques, sociaux, tout est si bien dessiné, si bien perçu (…) Un
grand Bravo encore, et tentez de poursuivre dans cette voie en vue d'un tel
plaisir de lecture!! »
Jean-Michel,
le 23 octobre 2012
Vivement nos prochains salons !