vendredi 15 octobre 2010

Les chiens cessent d’aboyer et se dévoilent ! – Extrait 2

Bonjour à toutes et tous,

Sans tarder, on rentre dans le vif du sujet avec un second extrait du polar de Michaël Moslonka!

Faites attention aux morsures et bonne lecture !

Riffle Noir.


Lieu de l’action: aire de stationnement du McDonald’s d’Auchel
Date: samedi 20 février 2010
Heure: miuit trente-quatre
Chapitre concerné: Deluxe Corpse


À minuit, les chiens cessent d’aboyer
Extrait n°2
Deluxe Corpse

Blacke est devant le cadavre.
L’ambulance a cessé de hurler à l’agonie. Derrière le périmètre de sécurité, le souffle d’une demi-douzaine de mateurs dessine des volutes sinistres dans l’air froid de la nuit. Ils sont suspendus à ses moindres gestes. Le suspense est à son comble, ils attendent un miracle de sa part. Saint Capitaine, ordonnez-lui de se relever, faites qu’il marche !, supplient leurs visages. Si vous en êtes incapable, disent les gueules de charognard, poussez-vous, qu’on puisse voir les chairs à vif…
La victime : cheveux rasés, yeux bruns, peau blanche. Son âge ? Dans la trentaine, à première vue. Le capitaine parierait sa chemise que le macchabée a 32 ans.
Les yeux sont grands ouverts, sûrement sur son meurtrier. Celui-ci a déguerpi depuis belle lurette. Ou pas. Blacke en profite : des renforts sont venus de Marles-les-mines, la commune voisine. Il envoie donc une patrouille à pied et deux voitures ratisser les environs. Quand on peut jouer aux cowboys et aux indiens, il serait dommage de s’en priver. De toute manière, il ne croit pas qu’ils appréhenderont un suspect. Il en parierait son pantalon. On ne largue pas un cadavre comme ça, sans prévoir ses arrières.
Car, à première vue, le macchabée ne vient pas d’ici.
Celui-ci repose sur le dos à côté d’un de ces lampadaires en forme de boule placés à même le sol. Il a les bras en croix, les jambes écartées. Pas de sang, autour de lui.
Oui, le cadavre vient d’ailleurs. Et tout le monde devait le voir, Blacke en parierait son caleçon. S’il se trompe, il finira à poil.
Du sang, il y en a, bien sûr. Le liquide poisseux, coagulé, imbibe la veste du garçon. Une veste de survêtement blanche agrémentée de fioritures roses. Les jeunes ont de ces goûts !
Le meurtrier, lui, il avait un Opinel. L’un de ces couteaux dont la lame pliante sort d’un manche en bois poli et qui se bloque à l’aide d’une bague de métal. Arme blanche de sixième catégorie, considérée à cran d’arrêt. Le port est interdit sauf motif légitime. C'est-à-dire : tartiner son pain de pâté, couper une ficelle récalcitrante, dépiquer les salades du jardinet. Pour les plus débrouillards : se curer les ongles. Des motifs légitimes de prédilection chez les chasseurs, les pêcheurs ou les vieux. Accessoirement, les meurtriers en font un emploi moins légitime.
Ledit Opinel traîne à côté du corps, sa lame ensanglantée, tel un préservatif usagé.
Blacke laisse l’arme du crime aux bons soins de l’équipe légale. Il revient au cadavre. Il repère une dizaine de points d’impact sur la poitrine et le bide. Il ne se prononcera pas sur leur nombre exact ou bien il finira vraiment à poil : l’autopsie a toujours le dernier mot.
Du sang, il y en a aussi autour des lèvres du garçon. Il semble qu’on lui a barbouillé la bouche.
À moins que ?
Blacke s’agenouille enfin. Tout ce temps, il est resté debout, pour garder ses distances. N’en déplaise à la meute aux aguets derrière la bande jaune : les morts, comme les vivants, ne sont pas agréables à fréquenter.
La lieutenante Laribi lui tend des gants en latex. Brave petite. Elle s’est approchée, elle ne s’est pas défilée. Elle a la main qui tremble. Il imagine facilement ses grands yeux de biche troublés. Humides. Pas évident. Pour la jeune femme, ce doit être son premier cas de décès violent. À Auchel, ce genre de viande froide ne court pas les rues. Ni même les boucheries.
Blacke s’empare des gants. Il les enfile mais ne va pas plus loin.
Un bout rosâtre de chair dépasse du poing crispé du mort.
Pauvre Amélie, le plus difficile reste à voir ! Il pourrait l’envoyer chez les fans de sordide, pour les interroger, histoire de préserver son moral. Il ne lui dit rien. C’est à elle qu’il revient de se rendre compte, puis de décider.

Demain, dimanche 17 octobre, l’auteur présentera et dédicacera en « avant première » son polar au salon du livre « Art d’Automne – USA » de Wavrin (Salle des fêtes – rue Roger Salengro.

À minuit, les chiens cessent d’aboyer: sortie officielle, le 22 octobre 2010 !

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